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Lors de sa séance commune avec le barreau de Bruxelles, le 13 octobre, le Conseil de l’ordre du barreau de Paris a voté une motion concernant les sanctions des autorités américaines contre la Cour pénale internationale (CPI).
Le 9 octobre, les Etats-Unis ont en effet annoncé étendre des sanctions, déjà imposées à plusieurs membres du personnel de la CPI, à l’institution dans son ensemble. Le pays qui n’est pas partie au Statut de Rome – traité qui a créé la CPI * – invoque la protection de sa souveraineté et de ses ressortissants.
Les mesures étendues prévoient, à échéance de six mois, une interdiction générale des transactions financières avec la Cour, ainsi que des restrictions à l’accès aux services bancaires, financiers et technologiques.
Le dispositif de sanctions expose également les personnes qui contreviendraient aux interdictions imposées à de lourdes sanctions pénales et financières. Le barreau juge que l’élargissement de ces mesures « accentue la pression exercée sur la Cour et sur celles et ceux qui concourent à son fonctionnement ».
Ce dispositif, que les barreaux parisiens et bruxellois condamnent « fermement », est susceptible « d’entraver l’exercice de ses missions » mais aussi de « dissuader les personnes et organisations de coopérer avec elle », dont les avocats et entreprises. Autant de mesures qui auront pour effet de contrevenir à l’indépendance de la justice, regrette l’ordre.
La CPI s’est elle aussi exprimé à la suite de la décision des autorités américaines. Elle dénonce, dans un communiqué daté du 9 octobre, « une tentative d’entraver le cours de la justice ».
La présidente de la Cour, Tomoko Akane, a notamment déclaré que la CPI « continuera de s’acquitter pleinement de son mandat, en toute indépendance et impartialité ». Elle avait déjà réagi en août aux sanctions prononcées par les Etats-Unis à l’encontre de juges et procureurs. Une enquête avait été menée sur Israël, allié des Etats-Unis.
La présidente considérait que les mesures sanctionnaient « les efforts de la CPI pour enquêter, arrêter, détenir ou poursuivre des responsables dont le gouvernement n’a pas accepté la compétence de la CPI ».
Dans sa motion, le barreau dit apporter sa totale solidarité aux magistrats, procureurs ainsi qu’à l’ensemble du personnel de la CPI. Il appelle également les États à défendre l’indépendance des juridictions internationales et à garantir les conditions nécessaires à l’exercice de leurs missions, estimant que « l’indépendance de la justice ne saurait être subordonnée aux intérêts des États ».
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